Le mariage forcé ?

Un mariage forcé, qu’il soit civil, religieux ou coutumier consiste à obliger une personne, fille ou garçon, à en épouser un-e autre contre son gré, c’est-à-dire sans son consentement. Dès lors que ce dernier fait défaut, le mariage est conclu sous la contrainte, autrement dit, il est forcé.

La notion de consentement est primordiale, son absence ou son obtention sous la contrainte, la violence, le chantage, la peur de décevoir la famille, constitue le caractère forcé d’un mariage.

Selon l’UNICEF, plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leurs 18 ans, dont 250 millions avant leurs 15 ans.

Parmi les victimes de mariage forcé en Seine-Saint-Denis, 30 % subissaient un contrôle parental de leurs relations amoureuses ce qui signifie que les pressions exercées par la famille sur le choix du conjoint peuvent être un facteur d’exposition au risque de mariage forcé. (Source : Observatoire des violences envers les femmes du conseil général de Seine-Saint-Denis - enquête 2007 comportements violents et sexistes envers les filles)

En effet, parmi les jeunes femmes et garçons en danger de mariage forcé accompagnées par Voix de Femmes, dans la moitié des situations l’élément déclencheur ou accélérateur du mariage forcé est la découverte d’une relation amoureuse métissée autrement dit non-endogame c’est-à-dire avec une personne d’une origine/caste/religion/pays/village/famille différente. Le mariage contraint touche également des garçons et des filles marié-es contre leur gré en raison de leur orientation sexuelle.

En 2014, 68% (deux tiers) des victimes de cette violence contacte l’association Voix de Femmes avant le mariage forcé. 77% (les trois quarts) sont âgées de moins de 25 ans et 57% ont moins de 21 ans, donc en âge d’être scolarisées … ou … déscolarisées. (Sources : Voix de Femmes 2014).

Le mariage forcé porte atteinte aux droits fondamentaux de la victime en particulier à son intégrité psychologique et physique. Il engendre également des violences sexuelles qui peuvent aller jusqu’au viol, au moment de la nuit de noces, et pendant toute la durée du « mariage », autrement dit des viols répétés.

Le contrôle de la sexualité est un élément clé du mariage forcé puisque la victime ne choisit ni la personne, ni le moment où elle décidera de « faire l’amour », souvent pour la première fois.